Semaine International Accouchement Respecté – Récits de naissance

Cette naissance est aussi la naissance de Parentalité Continuum et commence il y a quelques années.

Nous sommes le 26 décembre 2006, j’ai été admis la veille à 20 heures dans une clinique de l’Est Lyonnais. Je vis en France, ma famille espagnole est venue voir la naissance de mon enfant et passer Noël avec nous.

J’ai essayé d’éviter le déclenchement pour initier l’accouchement, mais mon gynécologue dit qu’il m’a déjà laissé plus de jours que nécessaire.

C’est bizarre parce que ça ne correspond pas du tout à mes comptes. Au fil des années, des soupçons sur l’inadéquation de ma date prévue d’accouchement à son emploi du temps à Noël.. prennent forme.

Bonne naissance droit

Il est 8h du matin, ils m’emmènent dans la salle de dilatation. On m’a mis plein les yeux, car ils me laissent choisir la musique. J’ai une camisole, un bonnet médical, et mes lunettes. 

Ils me surveillent. L’infirmière me demande si j’ai mal, je dis non. Elle m’annonce que j’ai des contractions de travail ce matin… déjà.

Pourtant, ils vont nous mettre comme même sous syntocinon (ocytocine syntetique). Le gynécologue viens et reste à peine quelques minutes.

Mon compagnon arrive, il est enfin avec moi. Tout va bien, je me sens plus tranquille.

Je suis couchée sur le lit, je ne peux pas trop bouger. Et j’ai une voie intraveineuse.

Si je tourne la tête vers la gauche, je vois le contrôle des contractions et rythme cardiaque, le monitoring, mais je dois faire un grand effort pour le faire étant donné ma position.

La salle est légèrement en pénombre, chose que j’apprécie. Nous écoutions un CD d’Antonio Machín avec des boléros que j’avais préparés moi-même.

Après un court moment, je vois une courbe très large dans la surveillance du rythme cardiaque. Mon partenaire et moi commençons à nous agiter, mais personne ne vient. Ça fait environ 20 minutes que j’ai eu l’intraveineuse et l’ocytocine.

Le temps passe et comme personne ne vient, on ne peut pas non plus les appeler pour “rien” juste une courbe.  Une sage-femme passe et nous dit que c’est juste une contraction ou ma position.

Pour le reste tout se passe bien, mon compagnon fait des blagues.. on est juste en attente que mon corps réagisse… 

Environ trois heures plus tard, le gynécologue arrive. Il me dit que ça ne marche pas, littéralement que “je vais à l’hôpital pour pas cher parce j’ai fait une hyper-réactivité à l’ocytocine, que le bébé n’est pas content et qu‘il faut l’enlever”. 

Selon lui, tout va bien, mais nous devons nous préparer à une éventuelle césarienne, et ça veut dire peridurale que je souhaitais eviter.

Lorsque on demande par le pic dans le monitoring, il nous dit que c’est le signe de détresse fœtale… Cela fait plus d’une heure et demie que c’est arrivé. Cette courbe dans le suivi qui m’angoissait déjà.

Le médecin continue à parler… À ce moment-là, deux mots rebondissent constamment dans mes oreilles : césarienne et détresse fœtale.. césarienne et détresse foetale… 

Une décision doit être prise me dit !, et juste au cas où… , nous devons commencer la péridurale maintenant ! J’accepte !

Accoucher par cesarienne - Plusieurs façon d'accoucher, mêmes droits. Parce que c'est notre accouchement.Je continue à entendre dans ma tête… détresse foetale …. césarienne…

À ce moment-là, je n’en suis pas conscient, mais je viens de recevoir la carte du “bébé mort”  comme j’ai connu plus tard, on appel ça dans le milieu associatif. Le motif qui peut sortir à toute moment comme une possible menaçante et qu’aucune mère ne refuse. 

Et elle est suivie de cette phrase douloureuse :

“Faites le neccessaire, docteur, mais faites en sorte que rien n’arrive à mon bébé”. Vous accepteriez, comme moi…

L’anesthésiste arrive, il me pique. Ils me donnent la pompe de dosage à la main. Quand je demande comment doser, personne ne me répond. Combien de doses..? me dit finalement la sage-fémme,  “ah ça dépend”.  Je leur dis que je ne veux pas arrêter de sentir complètement mes jambes ; “combien dois-je doser ?”

Ils me disent que cela dépend de ma douleur, mais la vérité est que je n’ai pas de douleur et douleur sévère encore moins. Bon ok, je mets deux doses… allez une troisième pour me rassurer… 

La sage-femme me demande si un étudiant peut rentrer. À ce moment-là, j’ai accepté aussi. Si j’avais su qu’il y aurait 7-8 personnes autour de moi à la fin, je n’aurais pas consenti aussi facilement.

La dilatation continue, mais cette fois nous ne sommes pas seuls. Nous sommes déjà 5. 4 qui ne sont à rien faire, juste autour de moi.. pendant que la sage-femme est entre mes jambes.

Je suis en train d’accoucher ? Personne ne me dit rien. 

Ils me demandent de pousser, mais je ne ressens absolument rien quand je le fais.

Mes poussées, disent-ils, ne sont pas efficaces parce que je ne pousse pas pendant les contractions. ¿Quelles contractions? Ah! dans ma tête je pense.. le contrôle peut m’aider…. 

Je dois regarder le contrôle ! , mais il est toujours au même endroit qu’avant. Pas d’aide… 

Je me souviens parfaitement de l’angoisse d’avoir été en position de pousser et devoir regardé en arrière pour savoir quand… pourquoi personne me dit rien. Je suis complètement déconnecté de mon corps.

Mon partenaire qui était à mon côté enregistrait notre parcour dans naissance. À ce moment-là, on lui demande d’arrêter d’enregistrer.

La sage-femme prend la place, et se tient à côté de moi et tout en me demandant de pousser, elle me fait une expression abdominale.

Plus tard, beaucoup plus tard, je découvrirai que c’est une manœuvre completement deconseillée. La fameuse manœuvre de Kristeller. Le résultat est un bleu énorme dans mon sol pelvienne, et très douloureux les semaines suivantes.

A ce moment precis, je ne sens rien car je suis sous péridurale. 

Dans mes 20 ans, et pendant plus de 10 ans, j’ai joué au rugby à un haut niveau. Je n’ai jamais eu un bleu comme celui que j’ai eu à cause de cette manœuvre. Oui, je sais ça surprend !!

Mais tout cela ne semble pas avoir été très efficace. 

 
 

D’un coup, le pédiatre qui entre, avec deux autres infirmières peut-être, mon conjoint, la sage-femme, l’étudiant… Et puis enfin…  le gynécologue.. il a pas vraiment l’air de l’urgence..

Je dois me concentrer sur les poussées et les contractions….. Il est sur mon latéral gauche derrière tout ce monde pendant qu’il commençait à me crier dessus.

Si la prochaine poussée ne sort pas, césarienne....” Lui, le gynécologue, Il est loin à plus de 3-4 mètres… 

Soudent..  j’ai la sensation de voir la pièce au-dessus de tout le monde… Je me regard… pousser dans cette position improbable, le gynécologue avec les bras levés me crie, la sage-femme juste… Je vois la sage-femme encore une fois avec ses mains entre mes jambes…

Quelque chose me connecte.. J’entend vaguement…

“Si la prochaine poussée ne sort pas, césarienne, tu m’entends….” encore une fois… 

Je pousse fort tout avec la tête tordue, en regardant le control derrière moi…

“Césarienne”, dit-il encore…. mais il ne le dit pas aux autres… c’est à moi qu’il parle de loin. 

Je pousse encore… la tête du bébé commence à couronner… tout se passe très rapidement… 

Mon fils est enfin né… il pleure… tout va bien. Il était 14h. 

Une fois de plus, on me dit que “je suis économe, que la péridurale a eu un grand effet sur moi”.

“Mon bébé.. Holaaaa… mi amor… ” Je vois son visage… ses grands yeux ouverts, ses petites mains ! Je l’ai fait, on l’a fait, on l’a fait, bébé. 

Ils le laissent sur ma poitrine en à peine quelques minutes. Je me sent mal à l’aise parce qu’ils m’ont allongé davantage. 

“On te l’enlève quelques minutes, on reviens tout de suite… ” et sans dire plus, ils prennent mon bébé. 

Ah ce moment j’ai une émotion terrible et très puissant.. Je ne sais pas, mais mon instinct de femme sauvage biologique me parle. C’est la panique qui parle… je nous sent en danger de mort. 

Semaine International accouchement respecté - Récit de naissance mon premier bébé

Comment réagirait une louve, une lionne ou même votre chienne de compagnie si un intrus voulait lui enlever son petit juste après la naissance….? Et si elle ne peut rien y faire ?… C’est comme ça que ton cerveau devrait se sentir ?

C’était mon émotion et je sentais que je ne pouvais rien y faire. 

Je demande à mon compagnon de suivre le bébé et cette fois-ci, de tout filmer. 

Ils l’emmènent pour le peser, le mesurer, le faire la succion de voies respiratoires….. Je regarde son père partir avec un œil paniqué….. .

Mon partenaire filme, juste comme ça. 

Mon fils pleure, on le pèse, on le mesure, on l’aspire… et moi, je l’écoute pleurer, impuissante de l’autre côté de la pièce.

Quelque temps plus tard, j’ai essayé de regarder cette vidéoil m’a fallu des années pour la regarder en entier, encore aujourd’hui ça me fait mal au coeur de la regarder

J’avais le sentiment d’infliger une souffrance inutile à mon fils. Ses pleurs m’ont brisé le cœur. Je ne comprenais pas cet accueil si envahissant et si peu aimant dans le monde.

J’avais une petite déchirure, ils m’ont fait trois points de suture. J’étais bien, ou du moins je le pensais physiquement…

Certaines personnes pensent qu’au moment de l’accouchement, nous, les femmes, sommes dans un moment de conscience hors du commun… et c’est vrai. Mais ils s’en servent pour nous faire croire que vivre ce moment avec une conscience altérée modifie également notre perception et notre mémoire.

Semaine Mondiale Accouchement Respectée 2022 Parentalité Continuum #SMAR2022

C’est le contraire qui est vrai.

Le processus biologique de la naissance est programmé pour être gravé à feu dans notre mémoire…
et pour le bébé aussi !

La nature a besoin qu’on se connecte avec amour et ocytocine naturel sans estress à ce bébé et qu’on doit protege pendant que on l’élevez car le mantenir en vie proche de soit est la façon la plus sur de survivre. 

Pour la nature, il faut qu’on n’oublie  pas cette amour chimique sous aucun prétexte, et que ça continue egalement par la suite.

Si l’on intervient dans ce processus, les mécanismes biologiques de la naissance et du contact sont également modifiés. Les mécanismes sont donc extrêmement puissants... mais ils peuvent être perturbés, sérieusement.

Si nous ajoutons les traumatismes liés aux expériences de mort imminente et à la violence psychologique, la manipulation, les protocoles, etc. …., nous provoquons inutilement des situations dans lesquelles les femmes et les bébés subissent des violences.

“Les dangers de la minimisation de la violence obstétricale Violence contre les femmes. (Chadwick R. The Dangers of Minimizing Obstetric Violence Violence Against Women. 2021;10778012211037379)

Pour moi, cette naissance à changé completement ma vie. Je suis née en tant que mère mais malgre tout mes bonnes intentions, j’été deconnecté de mon bébé… Cette naissance ma permit aussi vivre mes deux autres accouchements completements à l’opposée.

Merci de m’avoir lu.

Est-ce que tu pense avoir suivi des violence obstetrique ? Est-ce que tu as eu un accouchement respecté?

Savez-vous qu’ecrire ou en parler de nos accouchement, nous aide aussi à guerir.
Trouvé vous quelqu’un de confiance: une amie, ton copain, une feuille de papier, un ordinateur…
Nos Récits de Naissance sont importantes.

Si ça te tente, et je suis ta personne: J’aimerait te lire… ou t’ecouter !

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#recitsdenaissance #parentalitécontinuum #SMAR2022

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